À tout problème complexe correspondent généralement des solutions qui nous échappent au premier abord ; il faut juste du temps, des efforts et de la persévérance pour les trouver, et malgré des recherches et des préparatifs minutieux, ce n’est pas toujours la solution la plus évidente qui fonctionnera. Apprendre de ses échecs est de ce fait un aspect important du travail de la Fondation ICI, un état d’esprit qui lui permet de prendre des risques calculés et, au bout du compte, d’amener un changement réel et durable au sein des communautés cacaoyères.

À titre d’exemple, lorsque la Fondation a créé les premières classes passerelles destinées aux enfants non scolarisés dans le cadre du programme TRECC, nous avons constaté que des élèves abandonnaient l’école. L’explication ne tarda pas : certains élèves avaient faim et avaient du mal à se concentrer ; d’autres n’avaient pas d’autre choix que de consacrer plus de temps à aider leur famille et à subvenir à ses besoins. Le taux de scolarisation a connu un rebond dès lors que la Fondation ICI eut créé des cantines scolaires et distribué des repas nourrissants aux élèves des classes passerelles, ce qui leur a permis de suivre l’intégralité du programme et de réintégrer le système d’enseignement formel.

Autre exemple : celui du projet ICI sur les activités génératrices de revenus (AGR) destiné aux mères. Au départ, ces activités étaient essentiellement de nature agricole et portaient sur des cultures vivrières ou de rente, en fonction des préférences exprimées par les groupes de femmes. En Côte d’Ivoire par exemple, la culture du manioc avait été retenue pour les groupes de femmes participant au projet en raison d’intrants peu coûteux et de la possibilité de commercialiser leur production. Or, du fait de problèmes imprévus d’accès aux terrains communaux, les parcelles disponibles étaient d’une superficie restreinte et les revenus provenant de leur exploitation se sont révélés insuffisants une fois répartis entre une vingtaine ou une trentaine de femmes. Les participantes ont néanmoins indiqué qu’elles appréciaient la mise en place de ces AGR car elles contribuaient à l’autonomisation des femmes et leur permettaient de prendre confiance en elles et d’acquérir des connaissances en agriculture qu’elles pouvaient mettre à profit chez elles. ICI a alors pris la décision d’aider les femmes sur leurs propres lopins de terre en créant des Groupes d’épargne et de crédit. Grâce à ce dispositif, elles ont pu relancer leur activité et profiter d’un meilleur accès au crédit pour se procurer des intrants agricoles.